Système scolaire: zéro pointé!

Imaginez un groupe d’enfant qu’on a fait grandir dans une caverne. Leurs professeurs leur enseignent un tas d’idées conceptuelles illustrées sur des murs sombres. Eux, doivent rester assis à longueur de journée sur leurs chaises. Un jour, un élève parvient à sortir de la caverne. Au début, il à un petit peu peur de ce monde qu’il ne connait qu’à travers les livres. Mais il apprend vite à reconnaitre les arbres, à les toucher à les sentir. Il était bien loin de s’imaginer à quel point ce qu’il a appris dans la caverne était différent de la réalité.

Tout le monde s’accorde à dire que le système scolaire est un sujet majeur. C’est la raison pour laquelle les gouvernements prennent à cœur eux aussi le sujet et font des amendements de lois à chaque rentrée scolaire. Pourtant, toutes les initiatives restent insuffisantes. N’ayons pas peur des mots: L’endroit où vous mettez vos enfants tous les jours est toxique. S’il y a autant d’enfants qui sont déscolarisés chaque année c’est avant tout la faute au système scolaire qui est inadapté ni dans la forme ni dans le fondsApres avoir parcouru brièvement l’histoire de l’école pour voir comment on en est arrivé là nous verrons pourquoi le système scolaire français en particulier est dépassé.

Histoire

Nous allons voir ici que l’école telle que nous la connaissons aujourd’hui à été créée dans un contexte assez tumultueux. Sous couvert d’instruire les masses les dirigeants ont organisé un système servant leur propres intérêts.

On estime que l’école aurait été créée en 3000 avant JC dans l’empire grec antique.

Platon et ses disciples

A l’époque de Platon il n’y avait pas vraiment d’école au sens où nous le connaissons aujourd’hui. L’éducation était présente sous une forme différente. Cette instruction est ce qui se rapproche le plus de ce que nous voulons donner à nos enfants en pratiquant l’instruction en famille (IEF). Ses assises donnaient lieu à des conversations qui mettaient en avant la réflexion, l’expérimentation et l’échange avec les élèves qui le suivaient. L’instruction obligatoire était destinée aux esclaves.

L’école de l’endoctrinement

Les premières classes formelles comme celles que nous connaissons aujourd’hui ont eu lieu dans un contexte militaire. Les cours étaient obligatoires et des châtiments corporels étaient infligés à ceux qui n’atteignaient pas le niveau requis.

C’est assez récemment, au 18e siècle, pendant la période appelée le “despotisme éclairé” que l’école publique, gratuite et obligatoire à été mise en place par l’église catholique en tous cas dans le monde occidental catholique.

A la fin du 18e siècle- début 19eme Charlemagne reprend les rênes de l’école dans un contexte de révolution et de fortes instabilités. C’était le moyen d’obtenir un peuple docile, obéissant et qu’il pourrait préparer pour les futures guerres.

L’ère de l’industrialisation

Ce modèle enfin, à été adapté pour la fabrication de masse pendant l’ère industrielle. Le deal était clair: il fallait former des gens capables de faire tourner la machine capitaliste et faire en sorte que les gens soient incités à répéter le schéma social qui en découle: Les cols blancs d’un coté et les ouvriers de l’autre. D’ailleurs l’éducation d’un enfant est faite exactement de la même manière qu’un produit fabriqué sur une chaine de fabrication

Au vu de cette histoire tumultueuse nous pouvons nous poser la question de savoir si effectivement, l’école éduque nos enfants ou si elle les endoctrine. Nous allons donc énumérer  les rôles que l’école est censée remplir et ensuite voir si effectivement elle répond à ces principes.

Les rôles de l’école

Voici une liste de rôles et de missions que l’école est censée remplir pour mener à bien sa mission. C’est là bien sûr l’image qu’en ont la plupart des citoyens.

1- Instruire

Je pense que tout le monde sera d’accord sur le fait que l’une des fonctions essentielles de l’école est de remplir la tête de nos enfants d’un savoir utile, qui leur servira dans la vie de tous les jours.

Lire, écrire, compter, font partie de ces connaissances essentielles.

2- Eduquer

Le rôle de l’école est d’enseigner aux enfants le « vivre ensemble » et les normes sociales.

En effet, c’est au contact des autres que devraient se créer l’empathie, l’échange, la collaboration et l’ouverture d’esprit.

3-Former les enfants pour obtenir un métier

Combien de fois a-t-on entendu « si tu veux avoir un bon métier il faut être bon à l’école » ? Le diplôme est en effet une barrière à l’entrée d’études supérieures et, donc, à la plupart des métiers qualifiés. En tous cas en France…

Le diplôme et les classements sont autant de moyens de sélectionner ceux qui poursuivront leurs études au stade supérieur et d’accéder aux entreprises les plus prestigieuses.

Sur le papier c’est beau! Mais nous allons voir que vraiment rien n’est fait pour atteindre ces objectifs. Je vais me permettre de mettre un zéro pointé à l’éducation nationale.

Instruire

L’école se structure sur le modèle industriel.

Une structure rigide

L’école est une institution très rigide et codifiée par un programme scolaire conçu par du personnel administratif qui n’a jamais mis les pieds dans une classe. Le programme donc, dit aux professeurs ce qu’ils doivent enseigner et comment ils doivent le faire. Ils n’ont aucune liberté, aucun moyen de s’adapter à la demande de leur élèves ou très peu. Dans ces conditions il leur est difficile de les enthousiasmer.

Les élèves qui passent sur la chaine de production euh… par le système scolaire, sont classés par âges. Les connaissances qu’on leur met dans la tête sont standardisées et uniformisés. On peut se poser la question de savoir si on est entrain de fabriquer des robots ou d’instruire des enfants.

“L’élève n’est pas un vase qu’on remplit mais un feu qu’on allume” Montaigne

Un produit standardisé

Sir Ken Robinson, auteur, orateur et expert en éducation, internationalement reconnu n’hésite pas à comparer l’école au Big Mac. Elle propose un service standardisé de masse. Je sais ce que vous allez me dire: “L’avantage de ce modèle est qu’il est démocratisé et donc accessible au plus grand nombre.” Ok pas de problème.

Cette standardisation est problématique car elle ne laisse aucune place à la passion, à la créativité et à l’enthousiasme. Pourtant ces éléments sont indispensables pour apprendre sur le long terme.

“Rien de grand n’a jamais pu être réalisé sans enthousiasme”

Ralph Waldo Emerson

Il est maintenant reconnu que chacun d’entre nous a sa propre intelligence et donc ses propres talents. A l’heure de la découverte des intelligences multiples est-il logique de proposer le même big Mac à chacun? Même si il n’aime pas ça? On oblige les élèves à se conformer au système scolaire. Ne serait-il pas plus logique que l’école se conforme à l’esprit de chacun?

L’école n’est pas adapté à notre cerveau

Un cerveau gras

Imaginez qu’on vous invite à un grand buffet. Vous hallucinez devant toutes ces bonnes choses à manger. Et puis là le maitre d’hôtel vous dit “vous avez 1h pour tout avaler”. On est d’accord c’est plus la même!

On gave les étudiants d’informations dont ils n’ont que faire. On donnera à manger des mathématiques à un littéraire, de la philosophie à une personne passionnée par la physique. Un grand buffet où l’on force tous les élèves à se gaver. On privilégie la quantité, bien plus que la qualité.

Le cerveau ne retient que ce dont il a besoin

Le cerveau élimine ce qui lui semble inutile. Au même titre que quelqu’un qui arrête de faire de la musculation, le corps réduira le volume du muscle dont il ne se sert plus. Généralement, un savoir inutilisable n’est appris que pendant le moment de l’interrogation écrite. 2 semaines plus tard c’est à peine si il en reste un vague souvenir.

La mémoire a court et long terme

Il n’est pas étonnant par exemple qu’un enfant sache vous réciter une poésie juste après l’avoir apprise. Mais si vous lui demandez de la réciter une semaine plus tard, il ne pourra vous en réciter que quelques passages alors qu’il la connaissait par cœur sur le moment. La pratique et la répétition sont les moyens les plus sûrs d’assurer une assimilation et un bon apprentissage.

Un Apprentissage pratique

C’est en faisant qu’on apprend

Dans une école traditionnelle l’enfant est complètement passif, assis sur sa chaise il écoute le professeur… enfin… les 3 premières minutes. Ils n’ont aucune possibilité d’expérimenter. Aucune importance n’est donné au processus d’apprentissage. Seul le résultat compte. Pourtant, la découverte de quelque chose de nouveau restera à jamais ancrée dans la mémoire. Le cerveau valorise d’avantage le processus d’apprentissage et la sensation qu’il ressent quand il parvient à intégrer ce savoir.

Théorie contre pratique

D’ailleurs vous aurez plus de chance d’assimiler un savoir sans même être passé par le cours théorique. Celui ci pourra en revanche servir à approfondir les connaissances pratiques. Comme le dit Idriss Aberkane dans son livre “Libérez votre cerveau”, autrefois les gens apprenaient à nager assis sur un tabouret. Autant vous dire que cette pratique théorique est bien moins efficace que celle qui consiste à se jeter à l’eau.

Des connaissances connectées à la réalité

Un savoir similaire à celui de vos grand parents

Le programme actuel est le même depuis le début du 20e siècle. Il est déconnecté de son temps et notamment des dernières découvertes scientifiques.

Le savoir inculqué dans les cours est bien souvent inutilisable et non remis à jour malgré les innombrables découvertes scientifiques des dernières années. Vous a t-on déjà parlé de la relativité, de la gravité, de psychologie, de communication non verbale, d’écologie pendant votre cursus scolaire ?

Donner du sens

A quoi pourrait servir ces apprentissages me direz vous ? Il s’agit à mon avis, de relier le monde de l’école à la complexité et à l’incroyable grandeur de ce qui nous entoure. Cet apprentissage aura pour conséquence de faire de nos enfants des adultes responsables conscients que la nature à encore beaucoup à nous enseigner. Je vous renvois à la vidéo d’Idriss Aberkane sur le bio mimetisme.Cliquez ici pour voir la vidéo

Cela sera à mon avis encore plus utile que de connaitre le plus-que-parfait ou la fonction d’un mot en grammaire ?

Eduquer

« Je n’ai jamais permis à l’école d’intervenir dans mon éducation. » Mark Twain

Un environment violent

L’enfant s’adapte généralement au contexte dans lequel il évolue. Dans un contexte violent, l’enfant aura tendance à être violent. L’école est le théâtre de violences quotidiennes faites aux élèves par le corps enseignants comme par les élèves envers leurs camarades. Un exemple de ces violences s’exprime par le système de notation.

Un système d’évaluation inadapté

Le système d’évaluation limite les capacités de l’enfant car il classe les enfants et souligne les erreurs et les faiblesses plutôt que de montrer les progrès et d’encourager l’audace et la créativité.

Le système de notation créé de la frustration. La faute et l’erreur sont systématiquement pointées et soulignées au stylo rouge. Ce système n’encourage pas l’enfant et le rabaisse.

Cela entraîne non seulement un sentiment de stress chez l’enfant mais aussi une humiliation et une mauvaise estime de soi. Si le prof est assez vicieux il classera les copies qu’il a corrigées par ordre décroissant. Celui qui reçoit sa copie en dernier est catalogués cancre de la classe.

L’étiquetage

Ainsi étiqueté l’élève aura tendance à se résigné et sera plus susceptible d’endosser ce rôle de cancre. Les professeurs auront moins de patience et moins d’empathie pour ce genre d’élèves. C’est ce que prouve l’expérience consistant à confier à des instituteurs des enfants en difficultés mais en leur disant que c’étaient des génies. On a fait la même chose pour des élèves brillants qu’on a étiquetés comme des cancres. Le résultat est bluffant! Les cancres se sont retrouvés parmi les meilleurs et les élèves brillants avaient de moins bonnes notes.

Les valeurs

L’école créer un climat de compétition entre les élèves qui va à l’encontre de nos valeur. Les camarades sont vus comme des concurrents. Rappelez-vous quand le fameux classeur entre votre camarade et vous pendant les contrôles. Honnêtement, j’ai même vu ce genre de comportement à l’université. Ben oui je suis allé à la fac! L’idée est que c’est en étant au dessus des autres que je brille. Ce comportement est

L’effet de groupe

Conformité

Les enfants doivent se conformer aux comportements sociaux de leurs camarades qui vont à l’encontre des valeurs que l’on veut leur transmettre.

Voici une liste de comportements qui sont expérimentez au sein d’un groupe et particulièrement à l’école:

  • Codes vestimentaires dictée par les marques,
  • Provocations, réseaux sociaux
  • Critères du « cool inversé » (se comporter de manière répréhensible et paraître cool aux yeux d’un groupe »)
  • Moqueries, brimades des enfants différents ou plus faibles
  • Harcèlement
  • goût prononcé pour les biens matériels
  • consommation à outrance

L’empathie est inexistante dans ce contexte.

L’effet de groupe et l’uniformisation conduit les élèves à vouloir s’assimiler et se fondre dans la masse. Humiliations, effet de groupe, on a tous les ingrédients pour créer une atmosphère délétère.

L’effet Lucifer

Une expérience menée par l’université de Stanford démontre que des personnes jugées saines à la base peuvent avoir une mauvaise influence les unes sur les autres et en arriver jusqu’à torturer des prisonniers sur lesquels on leur a donné un peu de pouvoir. Un phénomène similaire pourrait arriver sous l’impulsion d’un effet de groupe. Tout le monde connaît des histoires de camarades qui étaient brimés et dont on se moquait sous prétexte qu’il était roux ou trop grand par exemple. Ce genre de comportements est amplifié par les réseaux sociaux.

Ces brimades ou remarques désobligeante peuvent très bien venir du professeur lui même. La conséquence est d’autant plus catastrophique sur la confiance en soit de l’enfant que les camarades de classes se sentiront légitimes à l’insulter et le discriminer.

Former la main d’œuvre dont les entreprises ont besoin

Le diplôme ne garanti plus le travail

Le rôle de l’école dans sa capacité de garantir un travail stable n’est plus d’actualité à cause de la concurrence mondiale à bas coût. Compter sur l’école comme unique moyen d’obtenir un travail est une erreur.

Une concurrence qualifiés et low cost

Les diplômes n’ont plus la même valeur  qu’auparavant car ils se sont démocratisés. Le taux de réussite au bac était de 88% en 2018. En effet le nombre de diplômés est de plus en plus important à cause de la démographie nationale et surtout internationale. Ceux qui rentrent sur le marché de l’emploi sont en concurrence avec les chinois ou les indiens. Il faudra ou bien avoir un diplôme très spécialisé où la demande de main d’œuvre est forte ou bien avoir fait des études plus longues dans des établissements plus prestigieux pour sortir du lot.

Vous pouvez observer tout autour de vous une forte tendance des entreprises à délocaliser leurs activités dans les régions du monde à bas cout. Les personnes qui habitent dans ces pays sont payées beaucoup moins que quelqu’un qui travaille en France ou un autre pays occidental. De plus, bien souvent, ils ont des talents et compétences similaires voire supérieur á la main d’œuvre de nos pays occidentaux. Ils sont aussi plus dociles que dans nos pays développés donc plus á même de satisfaire leur employeur.

Le conformisme ne sera pas apprécié et l’originalité deviendra une valeur de premier plan dans le monde du travail. Ce qui n’est pas le cas en classe ou il est préférable que chacun « rentre dans le moule »

Le diplôme ne vaut pas l’expérience de vie

Jack Ma, Créateur de la plateforme de commerce en ligne Alibaba dit qu’il n’embaucherait pas un premier de la classe. Il préférera quelqu’un qui a une expérience en dehors du cursus scolaire car il préfère privilégier des gens du terrain. Pour lui, celui qui sort dans les premiers de sa classe aura tout donné dans son cursus scolaire. Celui qui aura un 12/20 sera surement sorti du savoir purement académique pour travailler à coté et a forcément une vision confronté à la vraie vie.

Je vous mets en liens une vidéo dont je me suis grandement inspiré pour écrire cet article: cliquez ici

Au vu de tous ces éléments il me semble évident que l’école ne rempli pas ses rôles supposés d’instruire, d’éduquer et de préparer l’enfant pour le monde du travail. Par contre elle joue parfaitement son rôle d’endoctrinement et d’uniformisation. Ce modèle n’a aucun avenir. Des expériences comme l’école 42 de Xavier Niel laissent penser que l’horizon s’éclaircit. Voici venu le temps de l’école de la passion et des apprentissages pratiques.

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